Les grandes dates

Des origines au moyen âge

Mac LowL’agglomération malouine a pris naissance dès le 1er siècle avant notre ère sur le site de la presqu’île d’Alet, dans le quartier qui porte toujours le nom de cité d’Alet. Cette ancienne cité gallo-romaine, entourée d’une enceinte à la fin du IIIe siècle,  fut le siège d’une garnison militaire et comprenait la station portuaire abritée de Reginca dont le nom a donné celui de Rance au fleuve côtier dont elle défend l’estuaire.
Selon la tradition, un moine breton originaire de l’actuel pays de Galles, Maclow ou Malo, débarqua vers le milieu du VIe siècle dans le pays et devint évêque d’Alet, mais il fut inhumé à 1500 mètres au nord dans une presqu’île de 16 hectares qui prit pour cette raison le nom de Saint-Malo de l’Ile.
En 1145, l’évêque Jean de Chatillon obtint du pape le transfert du siège épiscopal d’Alet à Saint-Malo.
Par sa situation exceptionnelle, son droit d’asile étendu à toute la cité, son port de marée séparé de la mer par l’isthme du Sillon, Saint-Malo devient une cité maritime attractive, indépendante et convoitée,  dans les parages de la frontière de la Bretagne et de la Normandie et des îles anglo-normandes qui  favorisent une piraterie* endémique.
La cité malouine appartient en principe à  son évêque et aux chanoines de la cathédrale Saint-Vincent qui se partagent la co-seigneurie. En 1308, les habitants mécontents du mauvais état des fortifications élisent pour la première fois un maire et une commune jurée qui n’eut cependant qu’une durée éphémère. Pendant la guerre de Cent Ans qui se complique en Bretagne d’une guerre de succession au duché, la ville se montre de plus en plus hostile aux ducs bretons, amis des Anglais. Finalement, le pape la cède au roi de France Charles VI en 1395, mais au bout de 20 ans, le duc Jean V reprend Saint-Malo.

*La différence fondamentale entre les corsaires et les pirates tenant au fait que les premiers sont autorisés officiellement à courir sur les navires ennemis au moyen d’une lettre de marque délivrée par leur souverain n’est apparue progressivement qu’avec le temps. Avant l’époque de la grande course classique illustrée à Saint-Malo par les exemples célèbres de Duguay-Trouin et de Surcouf, il y eut pendant longtemps une période de course sauvage, peu contrôlée et dont les formes s’apparentaient aux actes de pillage des pirates. Mais pour ne pas offenser les Malouins, il est conseillé surtout de ne pas faire la confusion…

Du Moyen-Àge aux temps modernes

Portrait moyen ageit is a long established fact that a reader will be distracted by the readable content of a page when looking at its layout. The point of using Lorem Ipsum is that it has a more-or-less normal distribution of lettersAprès la défaite des Bretons à Saint-Aubin-du-Cormier en 1488, la ville de Saint-Malo dut se rendre aux Français et fut rattachée cette fois définitivement à la France, mais la duchesse Anne de Bretagne, mariée successivement aux rois de France Charles VIII et Louis XII, entendit conserver de son vivant ses droits sur l’ancien duché. Elle fit poursuivre la construction du nouveau château par la grosse tour de l’angle nord-ouest qui prit le nom de Quic-en-Groigne en souvenir de l’opposition malouine contre son édification.
La fin du XVe et le début du XVIe siècle furent marqués par un essor remarquable des activités maritimes, par suite des voyages de découverte. Les Malouins fréquentent avant 1520 les parages de Terre-Neuve et atteignent le Brésil et c’est en poursuivant cette route du Nord-Ouest que Jacques Cartier découvre en 1534 le Canada.
À l’avènement du roi Henri IV qui était protestant, les Malouins s’emparèrent en 1590 de leur château et s’érigèrent en république pendant plus de trois années jusqu’à ce que le roi devienne catholique. C’est de cette époque qu’est apparue la devise « Malouin suis »*

* On a ajouté  beaucoup plus tard « Ni Français, ni Breton », mais la devise officielle de la ville est Semper fidelis : Toujours fidèle.

Le XVIIe et le début du XVIIIe siècle assistent à une montée en puissance de l’économie maritime malouine qui devient l’une des premières du royaume. Les Malouins conquièrent avec la morue de Terre-Neuve et les toiles de bretonnes les abondants marchés de la Méditerranée et en rapportent des denrées variées et de l’argent. Il est fait appel à « ces Messieurs de Saint-Malo », considérés alors comme les plus capables de France.
L’engagement massif des Malouins dans la guerre de course commence sous la guerre de Hollande et surtout pendant celle de la Ligue d’Augsbourg au cours de laquelle le jeune René Trouin, sieur du Gué (dit Duguay-Trouin) fera ses premiers embarquements. Vauban projeta alors de faire de Saint-Malo un port de guerre et l’ingénieur Siméon de Garengeau fut chargé d’en  fortifier les abords. La ville est en effet bombardée en 1693 et 1695 et attaquée de nouveau en 1758. Pendant la guerre de Succession d’Espagne,  ils ouvrent une nouvelle route maritime par le cap Horn au commerce français sur la "Mer su Sud" et en rapportent les fabuleuses cargaisons d’argent du Pérou. C’est l’âge d’or de Saint-Malo. Les Malouins sous-traitent avec la Compagnie des Indes Orientales pour importer le café de Moka (Yémen) et forment même une Compagnie des Indes Orientales de Saint-Malo. Duguay-Trouin s’empare de Rio de Janeiro et Mahé de la Bourdonnais de Madras. Des Malouins prennent possession au nom de la France de l’île Maurice qu’ils baptisent « Ile de France ».
Après l’arrêt définitif des armements corsaires en 1815, période au cours de laquelle s’illustra le fameux Robert Surcouf, la transformation du port de marée en bassins à flot fut la grande affaire du XIXe siècle mais également le développement spectaculaire du tourisme balnéaire qui permettent à la ville de s’étendre désormais extra muros et rejoindre ainsi les communes voisines de Paramé et de Saint-Servan.

haut de page

La renaissance de Saint-Malo...

intra1940Saint-Malo en 1940...

 ...1944 - 1967

La cité historique intra muros est l’une des rares en France à conserver intacte son enceinte de remparts. Personne ne pouvait alors imaginer qu’elle serait encore une cible vulnérable comme elle le fut en août 1944 lors des combats de la Libération à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La cité historique fut détruite à 80 % par les tirs de l’artillerie et le souffle des projectiles, mais l’enceinte des remparts ayant résisté dicta très rapidement l’idée qu’une reconstruction fidèle, dans les mêmes grandes lignes et les matériaux traditionnels, était possible. Ce fut la conviction du maire Guy La Chambre de relever la cité malouine telle qu’elle était avant le sinistre.
Raymond Cornon pour les monuments historiques et Louis Arretche pour la coordination générale furent avec Henry Auffret les principaux architectes de cette reconstruction unique en son genre en France.
Enfin, en 1967, l’agglomération urbaine a réalisé son unité administrative avec la fusion des anciennes communes de Saint-Malo, Saint-Servan-sur-Mer  et Paramé.

 

 

haut de page