Culture

Publié le mardi 23 janvier 2018

Avec un prénom qui évoque une figure acrobatique, avec en prime un nom synonyme de frisson, Axel Chill annonce la couleur. Passant d’un style à un autre, d’une chanson folk à une goualante bien « de chez nous », le chanteur, véritable fildefériste de la note, se rit des grands écarts et autres pirouettes, pour trouver le parfait équilibre entre les genres. Il s’approprie l’œuvre, la magnifie parfois, tout en en conservant sa substantifique moelle et embarquer son public pour un voyage empli d’émotions et de chair de poule…

« Tout petit déjà » pourrait-on trop facilement dire pour ce jeune garçon de 7 ans qui chantait en écoutant les vinyles d‘un Duteil ou d’un Balavoine. Mais les vocations ne sont pas toujours si simples et le jeune Axel Chiloux (son vrai nom) préfère alors les parties de foot avec les copains aux coups de règle d’une prof de piano aux méthodes peu motivantes. Le vrai déclic survient à 19 ans lorsque le jeune homme tombe sur une annonce de cours de guitare à Rennes. Il s’inscrit, achète un instrument dans la foulée, et donne son premier concert 9 mois plus tard. « Nous faisions alors des reprises de Police ou des Beatles mais moi et mon groupe de l’époque voulions jouer nos propres morceaux. Lorsqu’il a fallu se lancer à écrire des chansons, les autres membres ont regardé leurs chaussures… Alors je me suis lancé ! »

Dans les années 90, Axel Chill cumule concerts et boulot « normal ». Une double vie et 7 ans de labeurs qui vont le convaincre définitivement qu’il ne peut être à la fois fourmi et cigale. C’est décidé : il chantera ! Il intègre l’école de spectacle d’Alice Dona (« une seconde maman ») et court les castings et les auditions, notamment pour des comédies musicales (8 auditions pour Notre Dame de Paris !). « Ce sont mes année galère, avoue Axel, nous n’étions plus à la grande époque des cabarets dans lesquels les chanteurs avaient l’opportunité de se produire plus facilement sur scène à Paris, c’était le règne des « boys bands… ».

Prophète en son pays

Axel pose ses valises (et sa guitare) à Saint-Malo à l’orée du siècle. L’artiste fait alors mentir l’adage qui veut que nul n’est prophète en son pays. Il se produit en effet partout en ville dès l’été 2000 et cela fait 18 ans que ça dure. Écrit en 2009, le spectacle « Zo Brel » connaît un très beau succès. Créé au théâtre Chateaubriand et mis en scène par un autre artiste malouin, Jacques Ledran, le spectacle musical autour d’une vingtaine de chansons du « grand Jacques » (« on reprend bien du Molière pourquoi pas du Brel ? ») sera joué au théâtre de l’Actéon à Paris et au festival d’Avignon pour 150 représentations. Interprète dans l’âme, le chanteur propose également, depuis 2011, une formule « Juke Box ». Des spectacles au cours desquels le public fait son propre menu parmi une riche carte de 130 titres et 20 compositions. S’accompagnant à la guitare, Axel chante, et fait chanter notre mémoire, sans filet, sans prompteur mais avec talent. Avec son Juke Box, Axel Chill s’est produit près de 700 fois en six ans. Si Axel Chill aime à porter haut l’art de l’interprétation, il n’en est pas moins auteur-compositeur. L’artiste a deux albums à son actif, La fleur de l’âge (2008) et Comme personne (2016). Ce dernier a été arrangé par Yves Jaget qui fut pendant des années l’ingénieur du son de Zazie et de William Sheller et qui a travaillé avec des talents aussi incroyables que Frank Zappa, Sting ou encore Pink Floyd. Mais en ces temps de grandes foires cathodiques en mode télé-réalité, et faute de label, le chanteur peine à trouver les chemins sinueux de la médiatisation. Qu’importe ! À 47 ans, l’artiste vit de sa musique, la cigale n’a plus besoin de la fourmi et Axel Chill est un homme heureux…

Le site d’Axel Chill

www.axelchill.com

Comme personne

En attendant la fin du monde : le clip

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